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Entretien avec Leon LÊ, le réalisateur de SONG LANG

- JF Garrard (Ricepaper Magazine) / traduit par Đỗ Tuyết Khanh — published 16/09/2021 23:20, cập nhật lần cuối 17/09/2021 20:45
Le film sera projeté le 9 octobre 2021 au cinéma GRAND ACTION, Paris 5e, en présence de son réalisateur



Entretien avec le réalisateur de SONG LANG


LEON LÊ :
Mon choix est de faire l’impasse
sur tout contact physique


A l’invitation du ciné-club Yda, le réalisateur d’origine vietnamienne Leon Lê viendra de New York à Paris présenter Song Lang, son premier long-métrage de fiction, et débattre avec le public à la projection au cinéma Grand Action, Paris 5e, le samedi 9 octobre, séance de 16 à 19 h. A l’occasion de la présentation du film au Canada, où Song Lang a fait l’ouverture du Vancouver Queer Film Festival’s (VQFF), Leon Lê a accordé un entretỉen au Ricepaper Magazine réalisé par JF Garrard le 12.8 2019.


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Ricepaper Magazine : Situé à Saigon dans les années 1980, Song Lang raconte l’amitié inattendue entre Dung « Tonnerre de Dieu » (Lien Binh Phat), un collecteur de dettes taciturne, et Linh Phung (Isaac), la star d’une troupe itinérante de Cải Lương (opéra vietnamien) fortement endettée.

Depuis sa sortie, Song Lang a fait sensation, remportant 26 prix internationaux, dont le prix du meilleur nouveau réalisateur au Festival international du film de Beijing, le prix Tokyo Gemstone Award décerné à l’étoile montante Lien Binh Phat au Festival international du film de Tokyo, et le prix du public pour le meilleur film au Festival du film Frameline (San Francisco International LGBTQ Film Festival). Avant Song Lang, Leon Lê a réalisé deux courts-métrages, Dawn (2012) et Talking to My Mother (2014), qui ont aussi reçu de nombreux prix.

Notre envoyé, JF Garrard (JFG), a eu l’occasion de s’entretenir avec Leon Lê (LL) dans le cadre du VQFF sur son dernier film Song Lang et l’art de la réalisation.


JFG : Bonjour, merci de nous rejoindre pour cet entretien. Song Lang est votre premier long métrage. A-t-il été difficile de passer des courts-métrages à un format plus long ? Est-ce différent ou la même chose ?

LL : La transition n’a pas été particulièrement difficile pour moi. Je passe toujours beaucoup de temps à me concentrer d’abord sur le scénario et à m’assurer qu’il raconte bien l’histoire que je veux. Une fois que le scénario est solide, cohérent et lisible, il peut servir de compas pour progresser dans le projet. Au lieu de me polariser sur l’ampleur d’un vaste projet, j’ai essayé de cibler une seule journée et scène à chaque fois, comme si je travaillais sur une série de petits films, qui ont finalement constitué ce long métrage.

JFG : Je dois avouer que je n’avais jamais entendu parler du Cải Lương avant d’avoir vu votre film, qui m’a fait penser à l’opéra chinois, même si les mélodies et la tonalité des airs sont très différentes. Pouvez-vous expliquer en quelques mots au public non-vietnamien ce que sont le Cải Lương et Song Lang ?

LL: Le Cải Lương (que l’on peut traduire en gros par « théâtre rénové ») est une forme moderne de l’opéra traditionnel, particulièrement populaire dans le Sud du Viet Nam. Il est la jonction entre le chant folklorique du Sud, la musique classique, le tuồng (un théâtre classique d’inspiration chinoise), et le théâtre parlé moderne. Apparu dans le Sud du Viet Nam au début du 20 ème siècle, il a prospéré dans les années 1930 pendant la période coloniale française comme théâtre de la classe moyenne.

Song Lang est un instrument de percussion utilisé pour contrôler le tempo et le phrasé, et pour signaler le début et la fin des passages musicaux dans le Cải Lương, l’opéra traditionnel vietnamien. Il est le fondement rythmique à la fois pour les musiciens et les chanteurs, et est considéré comme l’âme du Cải Lương. Les deux mots de l’expression, considérés séparément, ont une autre signification : deux (song), hommes (lang).

JFG : Qu’est-ce qui a inspiré ce film ? Pourquoi s’appelle-t-il Song Lang ?

LL : J’ai grandi au Viet Nam, à Saigon, et enfant, je ne voulais qu’une seule chose, devenir un chanteur de Cải Lương. Puis à l’âge de 13 ans, j’ai émigré avec ma famille aux Etats-Unis et c’était la fin de mon rêve. Aujourd’hui, près de trente ans plus tard, le Cải Lương est un art proche de l’extinction. J’ai voulu le fixer sur l’écran et le montrer au monde, réalisant ainsi également mon rêve d’enfant. Le titre du film, Song Lang, a un double sens. C’est le nom de l’instrument de percussion qui détermine le tempo de la musique, représentant le rythme de la vie, qui guide les artistes sur le chemin de la morale. C’est aussi un jeu de mots, qui signifie littéralement « deux » (song) « hommes » (lang).

JFG : Les deux personnages principaux, Dung et Linh Phung, deviennent de plus en plus proches à mesure que le film progresse, mais en même temps, il y a une barrière tacite quant au contact physique et à la révélation de leur relation. Est-ce voulu et en quoi cela importe-t-il de le montrer ?

LL: Dans la plupart des films gay que j’ai vus, le sexe et la nudité sont devenus inutilement une partie dominante de la narration. J’ai voulu voir si je pouvais embarquer le public dans une histoire d’amour gay sans la moindre allusion à ces éléments sexuels. (C’est ce que j’avais aussi fait avec mes deux courts-métrages gay précédents Dawn et Talking to My Mother). Je pense aussi que les questionnements et les désirs inassouvis sont ce qui nous poursuit le plus. Mon choix de faire l’impasse sur tout contact physique entre Dung et Linh Phung n’a rien à voir avec la culture vietnamienne ou la censure gouvernementale. En fait, j’ai dû batailler ferme avec les producteurs pour garder le film tel qu’il est, car ils voulaient davantage de contact physique entre les deux personnages. A leur avis, le film n’était pas « assez gay », et la nature de la relation entre les deux hommes « pas assez claire ». Je voulais garder un peu plus d’ambigüité dans la relation et laisser le public décider pour lui-même.


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JFG : Quel est le message que vous souhaitez voir le public garder à l’esprit après avoir vu le film ?

LL : Je n’ai pas envie de dicter un message spécifique à mon public. Je préférerais que chaque spectateur aborde l’histoire avec son propre vécu et forge son propre avis. C’est beaucoup plus intéressant pour moi d’être le véhicule qui apporte l’histoire au public.

JFG : Votre expérience de chanteur, d’acteur et de danseur à Broadway, à la télévision et dans des films vous a-t-elle aidé dans votre rôle de réalisateur, et comment ?

LL : Je pense que c’est toujours un gros avantage pour un metteur en scène d’avoir eu une expérience comme acteur. Cela permet de comprendre ce que vivent et font les acteurs, et de s’y associer. A partir de là, il sera beaucoup plus facile de communiquer avec les acteurs et d’obtenir d’eux la performance que vous voulez. Mon expérience de la comédie musicale a été très utile pour Song Lang car le film comporte beaucoup de représentations sur scène. Surtout pour le chant et la gestuelle, j’ai pu démontrer spécifiquement ce que je voulais, tout en offrant certaines techniques pour arriver au résultat voulu.

JFG : Quel est votre prochain projet ?

LL: Le succès de Song Lang m’a ouvert davantage de possibilités pour continuer la mise en scène. J’essaie de choisir judicieusement mes futurs projets en me fondant sur ce qui me passionne et m’inspire réellement. Pour l’instant, j’ai quelques projets en cours mais faire des films peut parfois être un jeu de patience. J’ai tendance à ne pas trop en parler jusqu’à ce que la mise au point et le processus de production aient progressé davantage.

JFG : Avez-vous un conseil à donner à de futurs réalisateurs ?

LL : Pour un réalisateur débutant, ce qui importe c’est de créer le film que vous voulez faire, pas celui que, selon vous, les autres auront envie de voir. A propos, tous les réalisateurs devraient apprendre à écrire un scénario. Et dans le doute, écrivez sur ce que vous connaissez et comprenez réellement. L’authenticité est ce qui permettra à votre œuvre de sortir du lot.

JFG : Merci pour votre disponibilité.



Source : https://ricepapermagazine.ca/2019/08/interview-with-director-leon-le/

Traduit de l'anglais par Đỗ Tuyết Khanh


Information sur la séance du 9 octobre 2021 : https://www.diendan.org/sinh-hoat/yda-song-lang



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