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Temps de chien


Temps de chien


André MENRAS – Hồ Cương Quyết


Comme à l’ordinaire, ce soir je donne ses croquettes à mon chien. Pluie et vent : bref, un temps de chien. Et la conversation tourne sur le temps. Bien sûr, il m’interroge sur le Vietnam car il sait que de toutes façons, je vais lui en parler.»

 « Sur fond de Covid, le Vietnam vient de connaître un déferlement de tempêtes qui l’ont à nouveau martyrisé en son centre. Elles ont infligé à ses populations déjà pauvres de nouveaux deuils et de nouveaux fardeaux. Elles ont douloureusement rappelé les conséquences assassines d’un déboisement débridé pour le profit de quelques-uns, ainsi que le caractère irresponsable voire criminel de la construction de certains barrages hydro électriques, véritables épées de Damoclès pour les populations en aval.

« Ces terribles épreuves ont aussi révélé les traits dominants de la société vietnamienne actuelle. Tout d’abord la générosité individuelle et collective impressionnante qui s’est immédiatement libérée alors qu’en situation ordinaire, devant des injustices sociales et même des actions criminelles d’envergure de la part du pouvoir tel l’assassinat de Dong Tam, on aurait pu croire à un repli personnel, égoïste et même lâche. Non, l’épreuve le confirme et rassure : le peuple vietnamien est un peuple de cœur. Quant aux autorités du Parti, elles ont, encore une fois, clairement exprimé leur réflexe auto-protecteur : contrôler et monopoliser tous les mouvements bénévoles et spontanés d’aide et de contacts directs envers les sinistrés. Comme si les populations étaient la propriété exclusive, la chose du pouvoir. Les cadres locaux et du pouvoir central ont ainsi ajouté à la misère en mettant les victimes sous pression, en retardant, réduisant, voire, dans certains cas avérés, en détournant cet élan généreux des dons des vrais récipiendaires. »

Je rappelais ensuite à mon chien comment, il y a quelques semaines, toujours sur fond de virus chinois, de très violents orages ont plongé des populations du sud de la France, pas loin de sa niche, dans un épisode de terrible dévastation: villages entiers envahis par des torrents de boue, de rochers, de troncs d’arbres… Maisons, routes, ponts, pans de montagne écroulés, engloutis…L’élan populaire de solidarité envers les populations en détresse, bien qu’important, ne m’a pas paru aussi fort qu’au Vietnam mais les autorités se sont déplacées sur les lieux sinistrés, Macron a promis les aides à la reconstruction, les compagnies d’assurance ont aussi confirmé les indemnisations…La démocratie, même sous Macron, a quelquefois du bon quand on peut contrôler le respect des promesses. Cependant, une fois le déluge passé, les populations vont encore pendant de longs mois d’hiver se retrouver bien seules sur le terrain. En espérant une accalmie climatique.

Comme je lui parlais, mon chien, tout en mangeant ses croquettes, me fit remarquer à quel point il désapprouvait l’expression « temps de chien », la trouvant très injuste, la gent canine ayant, selon lui, peu à voir avec le réchauffement climatique. Je dois admettre qu’il a raison.

Il faut rendre à César et aux siens les ordures qui leur appartiennent. A toutes ces gigantesques firmes et banques, à leurs serviteurs politiques, à ces apprentis sorciers qui saccagent notre planète dans leur course à l’énergie, source de profit et arme de domination. Dans leur logique totalitaire ils imposent ce type de développement mortel à tous les habitants de la planète y compris leur progéniture, milliardaires ou prolétaires. Et aussi à leurs chiens. Là, mon toutou s’arrête de croquer et me fait remarquer qu’il n’a rien à voir avec ces choix mais qu’en revanche, en tant que citoyen du monde, j’en suis en partie responsable. C’est vrai. Il a raison.

Pour tenter de me disculper et puisque je sais qu’il ne me mordra pas contrairement à bon nombre de Trumpistes enragés qui m’ont déjà malmené en tempête sur facebook, je lui parle des maxi pollueurs chinois, de Trump qui quitte l’accord de Paris sur le climat et vend les merveilleux territoires protégés de l’Alaska aux forages pétroliers… A ce moment-là, mon chien me fixe, la tête haute, les yeux brillant d’une lueur sauvage. « Je connais cette histoire. Jack London y parle de mon héro Buck le chien domestique. Il raconte comment, devenu chien de traîneau, puis, se débarrassant des sangles et des harnais, Buck est devenu loup et finalement chef de meute en écoutant l’appel de la forêt. »

A chacun ses héros mais peut-être Toutou a- t-il encore une fois raison : pour en finir avec tous ces temps de chien qui ne sont pas qu’atmosphériques, ne faudrait-il pas redevenir loup ?

André MENRAS – Hồ Cương Quyết


25.11.2020


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