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“CATASTROÏKA”

- Nguyễn Quang — published 08/09/2006 08:22, cập nhật lần cuối 05/10/2010 22:03


“CATASTROÏKA”


Nguyễn Quang



Ainsi, après avoir fait le tour du globe par ébranlements  successifs, l'onde de choc “perestroïque” est revenue à son épicentre, détruisant dans une denière secousse le système qui lui avait donné naissance. Les sismographes tremblent encore à Moscou, mais ils tremblent aussi à Beijing, à Hà Nôi, et dans tous ces pays du Tiers-Monde dit “socialiste” dont les régimes risquent de disparaître dans une  “catastrophe” finale.

 

Etat des lieux

Jusqu’à il y a deux ans encore, les spécialistes des PVD (pays en voie de développement) s'accordaient pour regrouper sous la dénomination de POS une vingtaỉne de pays1 – de   l’Afghanistan au Yémen du Sud, en passant par Cuba et le  Vietnam – qui avaient choisi d'implanter, dans un  environnement sous-développé, un modèle politico-économique à “orientation socialiste”. Certes, le mot “socialisme” reste à définir, mais objectivement, les POS présentaient un certain nombre de caractéristiques communes: 

* une réforme agraire visant à créer des exploitations collectives  

* une extension du secteur public dans la banque et l’industrie 

* une économie administrée soumise à une planification centralisée  

* une priorité donnée à l'industrie sur les autres secteurs 

* des restrictions – pouvant aller jusqu’à l'interdiction – des investissements directs étrangers 

* une réduction du commerce extérieur avec les “pays capitalistes” au profit d'une coopération accrue avec les “pays socialistes”2

Avec la désagrégation actuelle du “bloc socialiste”, ce  demier critère n'est bien sûr plus valable, mais il faut dire que la remise en question du modèle des POS remonte au moins au début des années 80, quand il s'est avéré que  “l’orientation socialiste”, supposée garantir l'indépendance et le développement, n'était en mesure de protéger aucun de  ces pays de la crise économique et de l'endettement extérieur.   Sans parler des plus pauvres d'entre eux (Tanzanie,  Ethiopie...), où des handicaps trop lourds – insuffisance des  ressources naturelles et humaines, sécheresse, famine, guerre civile – eussent probablement condamné n'importe quelle expérience à l’échec, il est quand même permis de se poser des questions sur les plus “favorisés” (on nous passera l’expression), qui ont pu bénificier soit d'une rente minière ou     pétrolière (Angola, Algérie...) soit de l'aide du “bloc  socialiste” (Cuba et le Vietnam absorbaient à eux seuls 60 %   de l'aide soviétique). Pour ces derniers, au moment des  comptes – c'est-à-dire pour les uns, le retournement du  marché pétrolier, pour les autres, la défection graduelle des aides extérieures –, le bilan est “globalement négatif”:   récession, inflation, pénuries (donc trafics) de toutes sortes,  infrastructures insuffisantes ou inadaptées, société éclatée,  patrimoine à l'abandon, Etat à la dérive...

Le signe le plus patent de l'échec, c'est que 12 des 20 pays recensés comme POS se sont soumis – et pour 6 d'entre eux,  dans le cadre d'un programme du FMI – à des politiques d'ajustement aux mesures désormais classiques: dévaluations à répétition, limitation des importations, soutien aux   exportations, réduction du déficit budgétaire, réduction du nombre des fonctionnaires, blocage partiel des salaires,   hausse des tarifs publics, privatisation de banques et d'entreprises publiques, redistribution des terres à des agriculteurs privés, retour aux prix et au marché libres... A cette nouvelle école, le Vietnam s'est montré le meilleur élève, de l'avis de tous les experts du FMI, sans que l'on sache encore (mais le verdict ne saurait tarder) si l'amélioration constatée ces denières années est de façade ou en profondeur.  A voir la faiblesse des investissements, l'absence d'activités vraiment productives, la disparition des industries locales; à voir au contraire la multiplication des trafics, des spéculations, des importations sauvages; le creusement des inégalités, le délabrement du tissu social, la démission de l'Etat..., on n'est guère enclin à l'optimisme.

 

Contradiction historique

En dressant le bilan, il serait bien sûr injuste de ne pas tenir compte des circonstances historiques: à savoir, le prix extraordinaire payé pour la libération nationale (deux générations sacrifiées) et après cette libération, la guerre   d'encerclement poursuivie par l'adversaire par d'autres moyens (embargo économique, mise en quarantaine diplomatique). Circonstances atténuantes, mais l'excuse a trop souvent servi, et pendant trop longtemps: depuis quinze ans, les dommages de guerre n'auraient-ils pas dû être compensés  par l'aide des pays frères, et l'isolement persistant du Vietnam   ne constitue-t-il pas un échec politique majeur? Et puis, qu’on veuille bien faire le parallèle avec le cas de figure algérien, qui  présente des analogies fondamentales – le succès d'une  guerre de libération menée par un parti politico-militaire;   l’échec d'un développement à “orientation socialiste” dirigé par le même parti, disposant pourtant du monopole du pouvoir mais qui possède au moins l'avantage de la clarté: pas d'embargo économique, pas de quarantaine diplomatique, le  “mérite” de la faillite revient au parti unique et à lui seul. 

Entendons-nous bien: il ne s'agit en aucun cas de renier notre dette envers un Parti qui a su (qui était probablement le seul à savoir) capter l'élan national, conquérir l'indépendance  nationale, rendre au pays sa dignité. Mais c'est justement au   nom de cette dignité, et des deux générations sacrifiées, que  nous sommes en droit d'exiger des comptes. Car, que voyons-nous actuellement au Vietnam? Une “orientation  socialiste” qui n'est plus qu’une feuille de vigne n'arrivant   même plus à masquer le capitalisme le plus sauvage. Un Etat “socialiste” qui jette à la rue les employés d'entreprises entières, sans indemnité ni espérance. Un appareil d’Etat qui se reconvertit en mafia d'Etat. Une société atomisée qui ne  connaît plus que les valeurs de la survie (argent, débrouillardise, trafics). Un système éducatif en déroute, un   fonds culturel en perdition. Des intellectuels muselés, une population entière maintenue dans l'obscurantisme ( ngu dân).  Des technocrates qui rêvent à haute voix d'une solution à la chilienne. Des conseillers politiques qui profèrent les pires   absurdités sur la démocratie, le socialisme, le marché... Un Congrès surréaliste qui fixe des directives jusqu’à l'horizon de  l’an 2000. Au sommet de l'Etat, une guerre en coulisses pour se disputer le pouvoir – mais même exclusif, il s'agit d'un pouvoir pour la survie sans perspective ni projet.3 

Si l’impasse paraît totale, c'est que le système est pris dans une de ces contradictions historiques où il excellait naguère à enfermer ses adversaires et réussissait, par là, à les vaincre. Il  s’est en effet engagé dans un pari “à la chinoise” – réforme   économique sans réforme politique – dont il n'est pas besoin  d'être un grand clerc marxiste pour dire que les deux termes  lui sont également défavorables. Soit la réforme échoue, et c’est la spirale de l'inflation, de la pénurie, des désordres   sociaux débouchant à terme sur l'explosion. Soit elle réussit, et en libérant la société des contraintes de la survie immédiate, elle déclenche le mécanisme maintenant bien connu des  revendications politiques: plus de liberté, plus de  responsabilité, plus de démocratie..., entraînant tôt ou tard  l’implosion. A 1'occasion d'une visite récente à Beijing, une délégation de parlementaires polonais (comprenant A. Michnik et B. Geremek, dont on sait la part qu’ils ont prise à la chute   du totalitarisme en Pologne et, par ricochets, dans toute  l’Europe de l’Est) a excellemment résumé la situation:  “Nous avons vu deux mondes: celui des puissants, qui  profitent du système, et celui des hommes qui vivent   prisonniers de la peur (...). D'une part, le Parti communiste  veut préserver son rôle dirigeant; d'autre part, il a recours à la violence contre le peuple. A ce moment, il perd naturellement   son rôle dirigeant (...) S'il est vrai que le Parti abandonne  progressivement ce rôle dirigeant dans le domaine  économique, on sait parfaitement ce qui se passera par la   suite...” Au Vietnam, on risque de le savoir plus tôt qu’on ne pense, étant donné le bouleversement du paysage politique  international: disparition du bloc de l'Est, effondrement de l’Union soviétique, mutations en Chine, règlement prochain du problème cambodgien. Le séisme se rapproche, par ondes concentriques. 

(à suivre)  

N.Q.  

 

 

(l) Voici la liste complète: Afghanistan, Algérie, Angola, Bénin, Birmanie, Cambodge, Congo, Corée du Nord, Cuba, Ethiopie, Irak, Laos, Madagascar, Mongolie, Mozambique,  Nicaragua, Syrie, Tanzanie, Vietnam, Yémen du Sud  

(2) Voir W. Andreff: “Mutations dans le Tiers- Monde  socialiste”, Le Monde, 19 septembre 1989. 

(3) Naturellement, il ne s'agit pas d'affirmations gratuites. Voir l’interview de L. Schwartz (Đoàn Kết no 434, p.41).         

 

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