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Nouvelle Donne en Indochine


Le règlement du problème Cambodgien



Nouvelle Donne en Indochine



Il n'y a pas qu’en Europe de l'Est que l'histoire accélère. En Asie aussi, des mutations profondes s'opèrent, face auxquelles un certain nombre de régimes archaïques n'ont pas d'autre choix que s'adapter ou périr. Ainsi, et sans vouloir faire de “géopolitique primaire”, le déblocage – semble-t-il, décisif – de la crise cambodgienne risque d'induire des effets incontrôlables sur certains pays voisins et protagonistes, en premier lieu le Viet-Nam.

 

Le Cambodge sous tutelle.

Depuis le 23 Octobre dernier, on le sait, un accord de paix a été signé à Paris entre les différentes parties cambodgiennes, accord qui met officiellement fin à 21 ans de guerre au Cambodge et place tout le territoire sous la tutelle des Nations Unies jusqu’à l'organisation d'élections libres, prévues pour le début de l'année 1993. Certes, il faut se garder de tout optimisme prématuré, tellement immenses sont les problèmes qui restent à régler. Le pays est dévasté, son infrastructure anéantie, son réseau routier réduit à l'état de pistes, son territoire truffé de mines que, dans certaine régions, on dénombre par milliers au km2... Plus grave, les ressources humaines n'ont pas échappé à la destruction: les morts se comptent par millions, les mutilés par dizaines de milliers; la mortalité infantile en dessous de 5 ans atteint les 20%; à l'extérieur près d'un demi million de réfugiés attendent d'être rapatriés; sur ces réfugiés, 40% sont nés dans les camps, qui ne pourraient – ni ne voudraient – se réadapter sans problème au milieu rural; et que deviendraient les militaires démobilisés par centaines de milliers, promis au chômage, et dont certains se livrent déjà au banditisme? L'espoir est encore plus fragile par les arrières pensées des différentes factions signataires de l'accord: les Khmers Rouges, en particulier, ne peuvent raisonnablement espérer l'emporter dans une confrontation démocratique et donc, plus que probablement, tablent sur l'échec du processus de paix, le pourrissement de la situation, ou même une reprise des hostilités...

Un seul point positif, mais il est de taille: c'est en quelque sorte la communauté internationale dans son ensemble qui, par l'intermédiaire de I'ONU, se porte garante de l'accord de paix. L’investissement des Nations Unies est à la mesure de cet engagement, puisque, ce sera “l'opération la plus ambitieuse et la plus massive” de ce type jamais organisée, mobilisant plus de 15.000 hommes. Pendant 18 mois, I'UNTAC (“autorité provisoire des Nations Unies pour le Cambodge”) va littéralement prendre un pays souverain sous sa tutelle, en essayant de réaliser grosso modo cinq objectifs:

1/ le rétablissement de la paix par le désarmement et la démobilisation (à 70%) des forces en présence;

2/ le rapatriement des réfugiés et des personnes déplacées;

3/ l’organisation d'élections démocratiques (au printemps 1993);

4/ la neutralisation du pays;

5/ sa reconstruction.

Bien sûr, une telle opération n'a été rendue possible que par l'accord des quatres factions en présence – FUNCIPEC (Sihanouk), FNLPK (Son Sann), Khmers Rouges et Gouvernement de Phnompenh –, qui ont accepté de collaborer au sein d'un Conseil National Suprême (CNS) présidé par Sihanouk, l'éternel revenant. Mais personne n'est dupe: l’accord qui a vraiment pesé, sinon le seul, c'est celui des principales puissances étrangères engagées dans le conflit, directement ( Viet Nam) ou indirectement (Chine, Etats-Unis, Union Soviétique).

 

Le Viet Nam sous influence

Les Etats-Unis et l'Union Soviétique, on le sait, sont depuis peu associés dans un “nouvel ordre international”. Qu’on le veuille ou non, cet ordre s'est en particulier manifesté par le règlement (ou l'amorce de règlement) d'un certain nombre de conflits régionaux qui risquaient d'échapper au contrôle des deux partenaires. La guerre civỉle cambodgienne rentrait bien sur dans ce cadre, d'autant plus que Washington et Moscou étaient deux des principaux bailleurs d'armes et de fonds aux belligérants. Quant à la troisième puissance qui faisait la guerre par Cambodgiens interposés, elle s'en tire avec honneurs et avantages: certificat de bonne conduite à l'appui, la Chine réintègre le “concert des nations”, jette un voile commode sur la répression du printemps de Pékin, renoue les contacts (et les contrats) avec la CEE et les USA, met au pas le turbulent “vassal” vietnamien.

Car, s’il faut un perdant dans l'affaire, c'est bien entendu le Viet Nam: “saigné à blanc” (selon la volonté chinoise) par l'aventure cambodgienne, contraint à la retraite sans contre-partie valable (jusqu’ici) ni des Américains ni des Chinois, forcé par la conjoncture internationale à faire de nouveau allégeance à Pékin... Il ne s'agit pas ici de faire le procès de l'intervention vietnamienne de 1979 (elle était justifiée, c'était même une question de vie ou de mort), mais de s'interroger sur le bien-fondé de la politique qui s'est ensuivie, quand les dirigeants vietnamiens, par une mauvaise évaluation des rapports de forces, se sont laissés enfermer dans un isolement diplomatique, commercial, économique quasi-total. Le retrait unilatéral d'il y a deux ans était un aveu d'échec. Mais s’il a permis d'amorcer le processus de paix dont on voit aujourd'hui l'aboutissement, c'était aussi une condition sine qua non pour une normalisation avec la Chine et les Etats-Unis.

Avec la Chine, les dirigeants vietnamiens ont célébré une réconciliation forcée. Le 5 Novembre, une délégation prestigieuse comprenant les plus hautes personnalités du Parti et de l’Etat: Secrétaire Général, Premier Ministre, Ministre des Affaires Etrangères..., est allée à Pékin (comme on dit: “aller à Canossa”) pour officialiser la normalisation des relations. Au-delà de leurs aspects traditionnels de kow tow (“khấu đầu”) du “vassal” vietnamien devant le Trône Céleste, ces retrouvailles étaient une “nécessité objective pour les deux pays” (déclaration de M. Nguyen Manh Cam). Officiellement, il s'agissait de renouer les relations commerciales et frontalières, mais officieusement (des documents internes aux deux partis ayant filtré ces derniers mois) il pouvait aussi être question de la mise en place du “demier carré communiste”. Ou plutôt du dernier triangle, puisqu’en Asie ils ne sont plus que trois: Chine, Corée du Nord, Viet Nam. Soyons clairs: les oripeaux “marxistes-léninistes” ne sont plus là que pour masquer – mais qui s'en soucie encore? – la réalité d'une lutte pour la survie. Quels sont-ils, les sommets du triangle? En Corée, une grotesque monarchie héréditaire au bord de l'implosion et qui cherche, malgré ses gesticulations, à se rapprocher du frère ennemi du Sud. Au Viet Nam, un Parti exsangue cramponné au monopole du pouvoir politique, mais contraint à pratiquer l'ouverture économique et par là même, à abandonner son “rôle dirigeant”. La même “contradiction historique” se retrouve en Chine, à la puissance dix: le Centre (c'est-à-dire un quarteron d’octogénaires) maintient son monopole politique par les chars, les exécutions, le Goulag; mais idéologiquement il ne contrôle plus la population, administrativement il ne contrôle plus les provinces côtières (les plus riches, celles qui sont ouvertes aux investissements étrangers), économiquement il ne contrôle plus rien (l). Les dirigeants vietnamiens ne sont pas assez naïfs pour croire que la Chine, vue ses propres difficultés, pourrait se substituer à l'ancien bloc de l'Europe de l'Est et à I'URSS (dont l'aide se montait à plus d'un milliard de dollards – à fonds perdus – par an). Mais ils n'ont guèrre le choix. En attendant, politiquement il faut payer, et au prix fort: retrait du Cambodge donc, reconnaissance des “responsabilités” vietnamiennes dans l'exode des Hoa en 1978, dédommagement de ces réfugiés, mise en sourdine des revendications vietnamiennes sur les Iles Paracels... La pilule est amère.

 

Cheval de Troie

L'autre inconnue de l'équation vietnamienne se trouve dans le camp américain. De ce côté, force est de reconnaître que la bonne volonté vietnamienne au Cambodge n'a pas rapporté le principal dividende escompté: la levée de l'embargo américain. Bien au contraire, l'administration Bush, en position de force, ne s'est pas privée (et pourquoi s'en priverait-elle?) de mettre la barre toujours plus haut, liant la normalisation des relations américano-vietnamiennes au règlement complet du problème cambodgien (1993 au plus tôt), mais aussi du problème des MIA (“missing in action”, Américains disparus au Viet Nam). Cette dernière condition, tout à fait extravagante par sa disproportion, est jugée “déraisonnable” par les observateurs américains eux-mêmes. Elle fait “soupçonner que les Etats-Unis ne recherchent pas la normalisation avec le Viet Nam, mais bel et bien la chute du régime communiste” (2).

Encore une fois, la diplomatie américaine fait preuve de courte vue. Si vraiment son objectif est de faire tomber le régime communiste, la meilleure façon de s'y prendre, ce n'est assurément pas de pratiquer l'intransigeance, qui ne ferait que réveiller les réflexes nationalistes vietnamiens, jetterait Hanoi dans les bras de Pékin et renforcer le camp des “durs”. Ce qui inquiète les “durs”, ce n'est pas l'embargo américain, auquel ils peuvent survivre (ils l'ont prouvé). Ce qu’ils redoutent, se serait au contraire l'ouverture américaine, la levée du boycott, la reprise des relations diplomatiques et commerciales, le feu vert donné aux investissements et – pourquoi pas – l'aide au dévelopement..., autant de facteurs qui feraient entrer le régime dans le monde moderne et l'obligent à évoluer (3). Si l’administration Bush est trop obtuse (les observateurs américains parlent de “blind spot”) pour suivre cette tactique, alors le camp des “durs” bénificiera d'un délai de grâce inespéré.

Mais il ne s'agira pour eux que d'un délai de grâce, car un cheval de Troie est à leur porte: si le processus de paix cambodgien arrive à son terme, si en 1993 se tiennent comme prévu des élections libres et pluralistes (le parti de Phnompenh a déjà abandonné la faucille, le marteau et toute référence au marxisme-léninisme), si un régime démocratique s'installe, si I'ONU (comme elle en a l'intention) met en oeuvre son “programme d’éducation sur les droits de l'homme et les droits civiques”, si l'aide internationale afflue pour la reconstruction (on parle déjà d'un milliard de dollards par an)..., alors pour le coup, on pourrait vraiment dire – pour reprendre en la détournant une expression “géo-stratégique” en vogue dans les années 70 – que le Cambodge sera “le ventre mou” du Viet Nam. Malgré tous les barrages dressés par la propagande, l'obscurantisme et la répression, la contagion sera inévitable. Et comme on a pu le constater maintes et maintes fois, viendra un moment ou le peuple vietnamien, démocratiquement contaminé, se posera la question: “Et pourquoi pas nous?”


Nguyễn Quang




( l ) Voir Doan Ket, Juin 1990

(2) Voir Newsweek, 04.11.1991

(3) Voir Dien Dan no 2.



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