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Légalité et légitimité (suite)

 
Légalité et légitimité (suite)
 

 

La chute de la maison URSS

 

Les premiers jours du mois de Décembre 1991 seront-ils de ceux qui “ébranlent le monde”? Liquidation de l'Union Soviétique “en tant qu’entité géopolitique et sujet de droit international”, création à la place d'un “Commonwealth panslave”, spectre agité d'une “balkanisation nucléaire” (*), rumeurs persistantes de coup d'Etat, effacement inéluctable de Mikhaïl Gorbatchev... C'est la chute finale, mais ce n'est peut-être qu’un non-événement.

Non-événement dans la mesure où la désintégration de “entité géopolitique” ne date pas d'aujourd'hui, mais de la libération en 1989 de son glacis est-européen; où la déroute économique et la décomposition sociale étaient déjà patentes sous la glaciation brejnevienne (pour rester dans les métaphores frigorifiques, le cadavre était congelé, mais pourri); où la légalité du “centre” avait été mise à bas par le putsch d’Août 91; où le “sujet de droit international” se dissolvait au rythme des déclarations d'indépendance des républiques...

Avec le recul historique, il est facile (peut-être trop) de dire aujourd'hui que l'effondrement était inévitable. Il n'en prend pas moins une résonance inouïe.

Un requiem serait malvenu, et pour tout dire indécent. D'ailleurs, le soussigné n'en ressent ni l'envie ni le courage. Bien sûr, on ne pourra faire indéfiniment l'économie de la dissection lucide d'un grand rêve – le plus grand rêve du siècle, mais aussi son plus grand mensonge. Mais l'on se contentera pour l'heure d'un certain nombre de questions, qui concernent la démocratie. Une grande utopie est morte, parce qu’elle était anti-démocratique. Ce qui se met en place aujourd'hui dans l'ex-Union Soviétique ne démarre pas sous de meilleurs auspices. Qu’est-ce donc que cette proclamation de Brest-Litovsk par laquelle une troïka réunie comme des conspirateurs, sans consultation populaire, sans contrôle parlementaire (autre qu’a posteriori), au mépris des textes (la Constitution soviétique) et des organismes légaux (Conseil d'Etat, Comité économique inter-républiques, etc...), raye d’un trait de plume l'existence d'un Etat de 260 millions d'habitants et 25 000 têtes nucléaires? Un pronunciamento, au sens technique du terme. La continuation, par d'autres hommes et d'autres moyens, du putsch du 19 Août contre le “centre”. Parce qu’il avait défendu la légalité contre les chars, parce qu’il était investi de la légitimité populaire, certains commentateurs (**) se sont empressés de faire de Boris Eltsine un champion de la démocratie. Ils doivent déchanter aujourd'hui. S'ils examinent le flou du projet “panslave” (quelles institutions? quelle politique étrangère? quelle armée?), s'ils considèrent que les républiques qui étaient sorties par la porte sont rentrées par la fenêtre (puisque pratiquement toutes, y compris celles d'Asie, ont décidé d'intégrer la nouvelle confédération), donc qu’il se recrée – sans le “centre”, ou plutôt autour d'un nouveau centre: la Russie – une Union ex-soviétique bis, s’ils prennent en compte le ralliement à Eltsine de l'état – major ex-soviétique, ils seront forcés de reconnaître le “coup de Brest” pour ce qu’il est: un coup d'Etat, et l'ami Boris pour ce qu’il est: un vizir qui veut être calife à la place du calife.

Si Boris Eltsine, c'est la légitimité sans la légalité, Mikhaïl Gorbatchev, c'est (c'était?) la légalité sans la légitimité. On l'a assez dit dans ces mêmes colonnes (**), Mikhaïl Serguéivitch concentrait entre ses mains, avant le putsch du mois d'Août, plus de pouvoirs légaux que Staline lui-même. Mais parce qu'il n'avait pas “l'onction” populaire, il avait beau brandir des “oukases”, agiter des décrets, lancer des ordres et des mots d'ordre, il n'avait plus de prise sur une société qu’il avait pourtant contribué à libérer. Et cette société libérée, la société civile dont on a cru déceler la résurrection lors des journées d'Août? Force est de constater qu'elle est encore largement hors-jeu, plus préoccupée par sa survie quotidienne que par ce qu’elle considère (à tort) comme des jeux politiciens. En quoi elle a fait défaut à Gorbatchev qui, par ailleurs, ne pouvait pas se réclamer d'elle. Le chemin vers la démocratie est encore long.

Nguyễn Quang

16.12.1991

(*) “ Yugoslavia with nukes” (James Baker)

(**) Dont nous n'étions pas; voir Diễn Đàn no 1, Octobre 91.


“Vents”

 

En ces jours gris de Décembre qui entament le décompte d'une décennie – la dernière d'un siècle de fer – il n'est peut-être pas inopportun de rappeler combien la vision et le verbe des hommes d'Etat, fussent-il shakespeariens (on pense, bien sûr, à M. Gorbatchev), pâlissent à côté de l'inspiration du poète quand il s'agit d'évoquer la chute des empires, la naissance des nations et des hommes, l'indéfectible besoin d'espérance:

Quand la violence eut renouvelé le lit des hommes sur la terre
Un très vieil arbre, à sec de feuilles reprit le fil de ses maximes...
Et
un autre arbre de haut rang montait déjà des grandes Indes souterraines
Avec sa feuille magnétique et son chargement de fruits nouveaux

Saint-John Perse, “Vents”



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