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Nouvel ordre mondial


Actualité et débats


Nouvel ordre mondial


Nguyễn Quang

 

En cette fin de siècle, pas une année ne passe qui ne soit ponctuée d’un événement historique: il y a trois ans, c’était la chute du Mur de Berlin; il y a deux ans, l’explosion de la guene du Golfe; l’an demier, l’implosion de l’URSS; et cette année, Maastricht... Aux quatre coins de la planète, l’Histoire s’emballe, bouleversant les assises sociales, culturelles, éthiques, philosophiques... Un “Nouvel Ordre Mondial” (N.O.M.) est en train de s’installer, mais pour l’instant, dans la confusion, le désordre et l’anarchie, nous en sommes réduits à en deviner le sens “en lisant sur les lèvres” des hommes d’Etat. Un tel exercice, bien entendu, ne saurait suffire à ceux qui n’ont pas renoncé à agir, donc d’abord à comprendre. On a décrété la mort des idéologies, parce qu’elles faisaient un usage totalitaire de la raison. Mais ce sont les idéologies qui sont totalitaires, pas la raison. Quitte à aller à contre-courant, c’est donc à un examen rationnel du N.O.M. qu’il convient de procéder, pour montrer qu’en fin de compte, il n’est peut-être pas plus incompréhensible que l’ancien.


La Fin de l’Histoire?

Après l’effondrement du “socialisme réel”, on s’en souvient, le chercheur nippo-américain Francis FUKUYAMA avait cru pouvoir pronostiquer “la Fin de l’Histoire” 1. L’annonce n'était pas seulement publicitaire. Elle procédait d’une vision hégélienne que beaucoup partagent et selon laquelle l’histoire, c’est avant tout l’affrontement planétaire de systèmes politiques opposés: qu’un système l’emporte, et la dialectique qui nourrit les guerres et les révolutions s’arrête faute de combattants. Or un système l’a effectivement emporté sur l’autre, et par K.O.: le “marché” a terrassé le “Gosplan”, la liberté contaminé le “Goulag”, et la démocratie vaincu le totalitarisme. A bien y réfléchir, la démocratie a même vaincu tous les totalitarismes, de droite (fascisme) comme de gauche (bolchévisme). En vertu de quoi, l’Histoire universelle n’a plus d’autre choix que de tendre vers ce dernier “horizon indépassable” que constituent le système démocratique et l’économie libérale.

Malgré ses références hégéliennes, la thèse de FUKUYAMA pèche par simplisme, mais on ne peut pas se contenter de la rejeter d’un haussement d’épaules. Les péripéties de l’Histoire ne se sont certes pas arrêtées, mais tous ses soubresauts ne démentent pas sa “fin”, loin de là. Ainsi, face aux convulsions de l’Europe du Centre et de l’Est – la déglingue de Moscou (inflation, spéculation...), les ratonnades de Rostock (xénophobie, racisme), la désintégration des Balkans (guerre civile, “purification ethnique”...) – voici ce que pourrait plaider un avocat de FUKUYAMA: la “fin de l’Histoire” ne signifie pas “l’encéphalogramme plat”, elle n’exclut ni les creux ni les pics; mais ces secousses traduisent seulement certaines difficultés d’intégration au modèle dominant (ici, la démocratie libérale), en aucun cas son rejet. C’est indiscutable en Russie, où la population encaisse sans broncher une médecine incroyable faite d’austérité, de chômage, de capitalisme sauvage et de dérive mafieuse, avec pour seul soutien l’espoir d’accéder dans une dizaine d’années à la société de consommation et du consensus mou – à ce compte-là, on pourrait presque parler d’une cure de désintoxication (du collectivisme). C’est tout à fait plausible en ex-R.D.A., où l’on peut faire une “lecture minimaliste” de l’actuelle vague de violences contre les réfugiés: après tout même un pays de vieille démocratie et d’enviable prospérité comme la France n'échappe pas au réflexe xénophobe; que dire alors de la société est-allemande, minée par la crise économique, déstabilisée par la perte de son identité, déboussolée par la levée soudaine des interdits et des tabous 2, confrontée à des phénomènes inédits (officiellement) comme le chômage, la délinquance, l’insécurité...? Si le système démocratique en France n’est pas menacé par les 10% de voix de Le Pen, alors l’évolution démocratique en ex-RDA ne l’est pas non plus par les quelques centaines de skinheads de Rostock (toute considération éthique ou morale mise à part, bien entendu).

D’une tout autre dimension paraît être la régression nationaliste qu’on voit déjà à l’œuvre dans les Balkans, dans le Caucase, et peut-être bientôt dans d’autres républiques ex-soviétiques. Mais quelles que soient les passions qu’elle mobilise et les tragédies qu’elle provoque, elle apparaît plutôt comme une résurgence archaïque du 19e siècle qu’un modèle politique universel pour le 21e. La plupart des nations modernes l’ont si bien compris qu’elles ont établi comme un cordon sanitaire autour des Balkans. D’ailleurs, force motrice de la naissance des Etats-nations, le nationalisme ne peut pas être considéré (même dans des cas extrêmes comme le délire Khmer rouge) comme une idéologie autonome, encore moins un système politique.

Sa résurgence dans les Balkans, dans le Caucase – après une hibernation imposée par le centralisme totalitaire – traduit seulement un développement inégal de ce que Paul Thibaud appelle “l’expérience constituante” (c’est-à-dire l’ensemble des raisons qu’une communauté peut avoir de vivre ensemble) des nations. Elle ne contredit pas, en tout cas, le schéma unificateur de FUKUVAMA.


Le nouveau dipôle

Alors, est-ce vraiment la “fin de l’Histoire”? Si jamais elle s’est arrêtée, elle a déjà redémarré, et sans que FUKUYAMA s’en aperçoive. Simplement, son moteur bipolaire a changé d’axe: d’Est-Ouest, il est passé à Nord-Sud. Ce “chassé-croisé de points cardinaux” pourrait paraître abstrait, arbitraire, si la guerre du Golfe n’était venue spectaculairement le confirmer: la rupture Nord-Sud a été officiellement consommée par le baptême du N.O.M. C’est la thèse que défend J.-C. RUFIN dans un petit livre brillant et provocateur, L'Empire et les Nouveaux Barbares 3? L’Empire, c’est celui du Nord, celui des pays développés, groupés autour du G7; les nouveaux Barbares, ce sont ceux du Sud, des pays pauvres, de ce qu’on appelait autrefois le Tiers-Monde. L’antagonisme Nord-Sud, bien sûr, ne date pas d’hier, mais la thèse de J.-C. RUFIN est qu’après la disparition de l’axe de confrontation Est-Ouest, une “invention” du Sud par le Nord est en cours, c’est-à-dire une (r)évolution idéologique qui a substitué à la solidarité de naguère (la commission Tiers-Monde de Willy BRANDT, le discours de Cancun de François MITTERRAND – tout cela paraît bien lointain), une volonté d’ “apartheid” (littéralement, développement séparé) mondial, de “containment” des pauvres par les riches, au besoin par la force: “Aujourd’hui, c'est l’Est qui demande des aides pour son développement. Quant au Sud, on s'arme maintenant contre lui” 3.

La thèse de J.-C. RUFIN n’est pas gratuite. Elle prend comme référence le dernier exemple connu (dans l’histoire occidentale) de déséquilibre mondial: la fin des Guerres Puniques, la victoire de Rome sur Carthage (146 av. JC). Réalisant le vœu maintes fois exprimé de CATON: “ Delenda est...” , les Romains mettent le feu à Carthage et répandent du sel sur ses ruines. Pourtant, le général romain SCIPION, saisi d’un grand trouble, se confie ainsi à son ami, l’historien grec POLYBE: “J’éprouve, je ne sais pourquoi, quelque inquiétude, et j’appréhende le moment à venir où un autre pourrait nous adresser pareil avertissement au sujet de notre propre patrie”. POLYBE comprend cette angoisse: c’est celle “d’une civilisation qui, perdant l’ultime adversaire qui lui fût semblable, doit se penser en face du vide” 3. Dans son “ Histoire” de Rome, il entreprend d’y répondre, en “inventant” l’idée de l’empire romain (ne pas oublier qu’à l’époque, Rome était une république) conçu comme un espace de paix, de stabilité et de civilisation, opposé – et défini par cette opposition – à un “extérieur” barbare, violent, anarchique... Peu importe si cette construction idéologique correspondait ou non à la réalité: elle allait durer six siècles, jusqu’à la chute de l’Empire d’Occident.

Selon J.-C. RUFIN, le schéma polybien se répète aujourd’hui: d’un côté, un Empire du Nord caractérisé par l’unité idéologique et politique (la démocratie), l’intégration économique et commerciale (le marché), le matérialisme (c’est-à-dire la maîtrise de la Nature), la rationalité (qui a permis cette maîtrise); de l’autre côté, les Barbares du Sud, soumis à toutes les fatalités économiques (misère, sous-développement), politiques (dictatures, anarchie), naturelles (calamités, épidémies, famines)... Ces deux mondes s’opposent, et même, ils divergent. Au Nord, les anciennes velléités de solidarité, d’aide et de coopération, ont cédé la place à des réflexes d’exclusion: symptomatique à cet égard est l’obsession de l’immigration, qui a pris le relais de l’invasion mais, comme elle, se nourrit du fantasme du “déferlement” barbare. Au Sud, l’échec du développement a engendré un peu partout des “idéologies de rupture” dont l’unique moteur est le renversement du rapport dominant / dominé, persécuteur / persécuté, et la profession de foi, le rejet du modèle occidental dans sa totalité (rationalité, technique, démocratie). On n’a pas assez pris conscience que la révolution iranienne a été la première à réaliser ce “jaillissement brut” que Franz FANON appelait de ses vœux dans “Les Damnés de la terre 4. A la formule fameuse de FANON: “Quand un colonisé entend un discours sur la culture occidentale, il sort sa machette”, fait écho la phrase de KHOMEINY: “ La démocratie, c’est l’Occident, et l’Occident, nous n’en voulons pas”. Le conflit du Golfe Persique est venu renforcer encore le rejet, en présentant la science et la technique occidentales sous leur forme la plus brutale: la puissance militaire, et dirrigée, qui plus est, contre un pays du Sud. En quelques semaines, la guerre technologique menée au nom du N.O.M. n’a pas seulement anéanti les ambitions d’un dictateur galonné (ce qui était peut-être justifié 5). Elle a aussi consacré la rupture entre deux mondes dont l’un est venu, devant les caméras de télévision, hurler la haine née de son impuissance, et l’autre, devant les écrans de la même télévision, effrayé par cette haine, a résolu de renforcer encore sa puissance 6. Elle a fait voler en éclats le mythe du “développement parallèle”, qui sous-tendait jusqu’à récemment les rapports Nord-Sud et postulait que chaque pays avançait à son heure et à son rythme, mais que tous les pays avançaient dans le même sens, celui du progrès économique (à la fin de son livre, Fukuyama sacrifie encore à ce mythe, qu’il assortit d’une touche “westernienne” en évoquant l’image des charriots de pionniers roulant vers la Nouvelle Frontière). Nous savons maintenant quelle est “la réalité longtemps dissimulée: Sud et Nord ne sont pas dans un rapport relatif d’avance ou de retard. Ils évoluent en sens contraire” 3.


Le N.O.M. et le “limes”

Donc, deux mondes divergent sous nos yeux. La forteresse du Nord, enfin unifiée, se suffit désormais à elle-même: elle a sa science, ses techniques, sa démocratie, son marché unique et, sur ses marches (voir ci-dessous) et dans ses nouveaux territoires de l’Est, assez de richesses minières, énergétiques, humaines pour s’abstenir, si elle le voulait, de “piller le Tiers-Monde”. D’ailleurs, le Tiers-Monde n’existe plus. La récente conférence des pays non alignés à Djakarta, début septembre, a fait figure de non-événement. Le Sud est en train de sortir de l’Histoire. Dans les profondeurs australes livrées à la famine, au SIDA, à la guerre civile (Libéria, Ethiopie, Somalie...)? des pays entiers se dissolvent, des populations entières disparaissent sans faire plus de vagues qu’un bateau qui coule. A supposer que demain, un continent dans sa totalité (l’Afrique) soit rayé de la carte et que les médias s’abstiennent d’en parler, personne au Nord ne s’en apercevrait – sauf peut-être quelques nostalgiques du Paris-Dakar ou des safaris kenyans, et l’épicier du coin, qui regretterait ses haricots du Mali.

Là où l’Histoire – la confrontation – continue, c’est sur la ligne de partage entre l’empire et le monde barbare, que les Romains appelaient limes, c’est-à-dire la limite, la lisière 7. Ce n’est pas une frontière continue, ni un front militaire, ni une Grande Muraille. C’est la “limite idéologique entre ce que l’Empire reconnaît comme lui appartenant et ce qu’il rejette comme étranger. De part et d’ autre du limes, l’homme n’a pas le même prix, n’obéit pas aux mêmes règles, et l’Histoire n'a pas le même sens” 3. Sur une carte du monde, on peut voit assez facilement le tracé approximatif du limes: il suit le Nord du Mexique, le milieu du bassin méditerranéen, le Sud de la Russie, remonte le fleuve Amour, contourne le Japon. Il s’agit du tracé actuel, car le limes se déplace: il y a trente ans encore, l’Espagne de Franco, le Portugal de Salazar, le Mezzogiorno italien faisaient partie du Sud (à qui ils empruntaient les figures classiques de la misère, de la violence politique, de l’émigration). L'effet unificateur de la construction européenne a repoussé le limes de l’autre côté de la Méditerrannée. Mais il peut encore remonter plus au Nord, comme l’a montré l’affaire yougoslave. Pour achever de convaincre les sceptiques que le limes n'est pas une simple construction de l’esprit, signalons qu’à la mi-septembre, les ministres des 27 pays membres du Conseil de l’Europe se sont réunis à Istanbul, à la demande de la Turquie, pour désigner officiellement, parmi les républiques ex-soviétiques, celles qui pourraient être candidates à l’Europe 8.

Pratiquement par nature, le limes présente des segments instables, des ruptures d’équilibre. Dès lors, tout est clair. Le N.O.M., tel que le président BUSH ne l’a pas défini, mais tel qu’il s’est déployé ostensiblement pendant la croisade contre l’Irak 5, au vu et au su de toute la planète, avec la couverture médiatique maximale, c’est l’habillage moral et juridique de l’entreprise qui consiste à stabiliser le limes: “Le Nouvel Ordre Mondial rassemble, sur les débris de la guerre froide, tous ceux qui entendent collectivement se prémunir contre la nouvelle barbarie” 3. Par son caractère public et même publicitaire, la guerre du Golfe a pu se présenter comme la première opération de stabilisation du limes, mais en fait, elle a été précédée de quelques autres, moins visibles (Grenade, Panama...). Le mécanisme est maintenant bien rodé, qui voit les grandes puissances du Nord énoncer le droit à l’O.N.U., puis l’imposer au Conseil de Sécurité, avant d’envoyer les légions. Il arrive que la machine se grippe (comme en Yougoslavie), faute peut-être d’enjeu suffisant. Il peut aussi arriver que l’habillage moral et juridique coïncide avec le contenu 5. Mais il faut reconnaître le N.O.M. pour ce qu’il est: essentiellement une stratégie de maintien de l’inégalité.

La diplomatie du limes serait-elle d’ailleurs poussée à son stade ultime de perfection, qu’on n’aurait plus besoin d’un N.O.M. un peu trop voyant. Cette diplomatie, on la voit à l’œuvre dans les Etats-tampons. J.-C. RUFIN propose de baptiser ainsi ces marches à demi intégrées à l’Empire, mais faisant toujours partie de l’univers barbare, du côté Sud du limes, et dont la fonction est d’absorber les chocs, amortir les tensions, diluer les différences entre les deux mondes. Comment? D’une part, en entretenant des relations fructueuses, bien qu’inégales, avec le Nord, qui en retour partage avec eux une partie (mais une partie seulement) de sa prospérité et de sa technologie. D’autre part, en entretenant le même type de relations, mais inversées (c’est le sens de l’inégalité qui est inversé) avec le Sud. Les exemples abondent: sur le continent américain, le Mexique; en Méditerrannée, le Maroc de “notre ami le Roi”; en Asie Mineure, la Turquie 9; au Moyen-Orient, les monarchies pétrolières (et Israël 9); en Extrême-Orient, la Chine (et tous ces “dragons” petits et grands que le Vietnam aspire à rejoindre)... Les régimes politiques aux marches de l’empire peuvent varier: démocratiques (Mexique), autocratiques (Maroc), théocratiques (Arabie Saoudite), totalitaires (Chine)... mais peu importent au fond leur couleur et leur rhétorique, la condition sine qua non pour garder le rang d’Etat-tampon, c’est la stabilité – à tout prix. Le N.O.M. se prétend fondé sur la démocratie et le droit, mais comme le Christ s’arrêtait jadis à Eboli, la démocratie et le droit s’arrêtent aujourd’hui au bord du limes.


Nguyên Quang


 

Suite au prochain numéro: “ L’Europe aux vieux parapets”

1 F. FUKUYAMA, La Fin de l’Histoire et le Dernier Homme, Flammarion, 1992.

2 Après tout, la propagande avait (presque) réussi à nous faire croire pendant 45 ans qu’en Allemagne, tous les nazis étaient à l’Ouest et tous les démocrates à l’Est.

3 J.-C. RUFIN, L’Empire et 1es Nouveaux Barbares Rupture Nord-Sud, Lattès, 1991.

4 F. FANON, Les Damnes de la Terre, Maspéro, 1961.

5 Notre objet n’est pas de discuter de la légitimité de la guerre du Golfe, encore que, du point de vue occidental, elle était certainement justifiée par la défense “d’intérêts vitaux”. Après tout, pourquoi serait-il moins légitime de “défendre son pétrole” que de “défendre son pain”?

6 Puisque la dissuasion nucléaire ne fonctionne pas “du fort au faible”, on va relancer l’IDS – c’est-à-dire la Guerre des Etoiles – afin que le fort dispose d’un bouclier contre le faible.

7 Voir Les Mémoires d'Adrien de Marguerite Yourcenar.

8 L’Europe se redessine à Istambul, Libération du 12 septembre 1992.

9 La Turquie fait partie de l’OTAN et du Conseil de l’Europe. Quant à Israël – anecdotique mais significatif – il participe au championnat d’Europe de foot-ball, de basket-ball, de volley-ball...

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