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En attendant qu'il "dégage"...

Elections présidentielles en France, entre deux tours



Entre deux tours




En attendant qu'il "dégage"…



Nguyễn Quang


Hollande  28,63%, Sarkozy 27,06%. Jamais dans l'histoire de la 5ème République un président sortant n'est arrivé en seconde position au premier tour. Et des sondages de sortie des urnes qui le donnent invariablement perdant au final à 46 contre 54. Est-ce à dire que les jeux sont faits ? Au-delà des positions prises par l'un ou l'autre camp, et qui sont surtout des postures à l'intention de l'électorat, essayons de lire dans les cartes (sans jeu de mots). Du point de vue strictement arithmétique, Sarkozy n'est pas en si mauvaise posture après tout. Malgré la crise économique, malgré la crise de confiance, dans une Europe qui jusqu'ici a systématiquement "sorti les sortants", le président-candidat arrive seulement 500 000 voix derrière son rival socialiste. Mieux, en amalgamant sans ambage les voix de la droite, de l'extrême-droite, des divers droite et des "souverainistes", le Figaro et le patron de l'UMP réclament plus de 45% des électeurs, contre moins de 44% à l'ensemble des gauches et des écologistes. Alors, pour reprendre les "éléments de langage" du camp sarkozyste, est-ce une nouvelle campagne qui commence ? On ne le pense pas, et pour plusieurs raisons :

* les élections ne sont pas une science exacte, mais toutes les expériences passées montrent que le premier tour détermine le second. Ainsi en 2007, avec une avance de près de 5 points au premier tour et des sondages à 52% en sa faveur pour le second, Sarkozy lui-même considérait l'affaire comme "pliée" à la mi-temps. On nous objectera que cette fois l'écart (réel) au premier tour est faible, et que l'écart (projeté) pour le second, aussi énorme soit-il, est seulement un sondage. Voire. On a l'habitude de dire qu'un sondage ne donne qu'une photographie instantanée d'une situation évolutive, mais cent sondages sur plusieurs mois qui donnent toujours des résultats analogues, c'est un tableau qui s'installe dans la durée. Les chiffres du premier tour pouvaient monter ou descendre suivant les péripéties de la campagne, le sortant n'arrivait pas à décrocher son challenger, comme on dit en cyclisme. Et au second tour, c'était lui qui était lâché, toujours avec un écart de 6 à 8 points. De sorte que, fin 2011, le président-candidat en était arrivé à admettre que dans une telle configuration, il partait battu en 2012. Il ne faut pas chercher ailleurs la "dérive droitière" de sa campagne, qui n'était pas une dérive, mais une stratégie délibérée visant à braconner sur les terres du populisme de droite les voix qu'il ne trouvait plus au centre. Connaissant le personnage, on peut penser qu'il ne s'agit aucunement d'une improvisation, mais d'une stratégie sciemment pensée, de s'emparer de problèmes sociétaux -- le chômage, la pauvreté, l'insécurité -- pour en faire des thèmes clivants, jouant sur les peurs (crises, délinquance, terrorisme), dressant les unes contre les autres des catégories socio-professionnelles (travailleurs contre retraités, commerçants contre fonctionnaires, syndicats contre patronat), stigmatisant des populations entières (chômeurs assimilés à des profiteurs, assistés à un "cancer", immigrés à des délinquants, musulmans à des terroristes). Cette conversion thématique du candidat, le président devait la préparer depuis des années, comme en témoigne le tristement fameux discours de Grenoble de juillet 2010 où, profitant d'un fait divers (des émeutes violentes de gens du voyage après la mort de l'un des leurs, tué à un contrôle routier), il pointe du doigt l'ensemble des Roms et invente une catégorie inédite de "citoyens d'origine étrangère" à qui la nationalité française devrait être retirée en cas de meurtre d'un dépositaire de l'autorité publique. Il faut remonter aux heures sombres de Vichy pour voir les plus hautes instances de l'Etat  mettre ainsi en accusation des communautés entières. Le but clairement énoncé par Sarkozy, sa dernière chance même, selon les éléments de langage de son équipe, c'était de virer en tête au premier tour pour profiter d'une dynamique qui lui aurait permis de remonter le handicap promis par les sondages au second. Mettant le cap "à droite toute", martelant les "valeurs" et "l'identité nationale", profitant du choc des meurtres terroristes de Montauban et de Toulouse, il a connu une "séquence favorable" qui a pu semer quelques inquiétudes chez ses opposants. Mais l'amateurisme confondant de sa campagne, ses zigzags incessants, ses contradictions flagrantes, l'insignifiance de ses mesurettes, la dévaluation de sa parole, tout cela a fait qu'une fois l'émotion retombée, "les courbes ne se sont pas croisées", pour parler comme les sondeurs.

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dessin de Cabu (Le Canard Enchaîné)

* le succès de François Hollande au premier tour vaut donc moins par son avance que par l'échec de la stratégie sarkozyste. Avec ses 27%, le président sortant a perdu 4 points par rapport à son score de 2007, et il a probablement raclé les fonds de tiroir de la droite. Le parti UMP au pouvoir a absorbé le centre droit (l'ancienne UDF de Giscard). Le "vrai centre" de François Bayrou se partage d'habitude équitablement en trois au second tour (1/3 pour la droite, 1/3 pour la gauche, 1/3 pour l'abstention), et d'ailleurs ses 9,10% ne lui permettent plus de jouer les faiseurs de roi. Ce rôle est désormais dévolu au parti de Marine Le Pen, avec son score record de 18%. Le succès du FN en France s'inscrit dans un mouvement de fond qui a vu le surgissement, porté par les crises successives, de mouvements populistes de plus en plus…populaires: dans les pays du Nord (19% en Finlande, 23% en Norvège, 14% au Danemark, 15,5% aux Pays-Bas), en Autriche (30%), en Suisse, en Italie du Nord… Leur fond de commerce repose sur quelques thèmes forts et simples, dont Sarkozy s'est emparé sans vergogne: le peuple contre les élites; rejet du cosmopolitisme et de l'européanisation; dénonciation de l'immigration incontrôlée, du multiculturalisme et de l'islam… L'expert de la Fondation pour l'innovation politique (Fondapol), Dominique Reynié, affine l'analyse en dévoilant "un populisme patrimonial articulant deux formes de conservatisme de réaction: d'un côté, la protection d'intérêts matériels comme le niveau de vie et l'emploi, et de l'autre, un patrimoine immatériel, c'est-à-dire l'attachement à un certain style de vie menacé par l'immigration et la globalisation". Parmi ces mouvements, le FPO autrichien et le FN français se distinguent en outre par leur enracinement dans une extrême-droite se référant implicitement ou explicitement à l'héritage des années 30 et à l'antisémitisme. En France, l'électorat de Marine Le Pen n'est pas homogène, il agrège à son noyau d'extrême-droite traditionnel des nouveaux venus, ces victimes "invisibles" de la crise (artisans, paysans, chômeurs) qui s'estiment oubliées des politiques. Une première étude TNS-Sofres (24 avril) indique qu'au second tour, 29% des électeurs FN s'abstiendront, 45% voteront Sarkozy et 26% Hollande. Il est normal que les deux prétendants restants cherchent à récupérer les voix qui leur manquent. Mais alors que le candidat socialiste le fait sans oublier ses valeurs ni ses engagements (il a ainsi courageusement maintenu son projet d'accorder aux étrangers le droit de vote aux élections municipales), le président-candidat, lui, s'est livré à une imitation du discours frontiste telle qu'elle revient à faire sauter le "cordon sanitaire" imposé il y a quinze ans par Jacques Chirac autour de la droite extrême (aux dernières élections régionales, il avait déjà refusé de respecter le "front républicain" face au FN). Mais son indigne "danse du ventre" ne lui servira à rien contre une réalité non plus seulement statistique, mais politique, évidente : il est dans l'intérêt des dirigeants frontistes de provoquer la défaite de Sarkozy à la présidentielle, puis celle de l'UMP aux législatives, pour provoquer l'implosion de la droite et prospérer sur ses décombres. En face, l'ensemble des gauches faisant preuve d'une solidarité et d'une détermination impressionnantes, avec près de 90% d'intentions de report sur le candidat socialiste, tout conduit à penser que, sauf tremblement de terre, il y aura alternance au soir du 6 mai.       

                                                                                                                                     NGUYỄN QUANG


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