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Mots de présentation du film

Phát biểu trong buổi chiếu phim ngày 25/7/2012 tại Thành phố Hồ Chí Minh, nguyên tác tiếng Pháp, xem bản tiếng Việt ở đường dẫn cuối bài.

Mots de présentation du film
"André Menras- Một người Việt"



André Menras


Très chers amis, chers amis, mesdames, messieurs,

Je pars en France dans 2 jours et j’ignore quand je reviendrai car la vie est courte et nul ne peut prévoir ce que sera demain. C’est donc avec une grande émotion que je profite de la présentation de ce film pour vous dire un très affectueux, un très amical au revoir. C’est un privilège pour moi que ce film. Il m’honore et me conforte dans mes choix et mes convictions.

Je ne profiterai pas de ce micro pour engager des propos polémiques. Ce n’est pas le lieu et je ne tiens pas à mettre mal à l’aise certains amis qui ont osé venir assister à cette projection malgré leurs fonctions. De plus chacun sait bien ce que je pense et ce que je fais. Ce que je voudrais dire très brièvement mais avec beaucoup de fermeté c’est que certaines forces de l’ombre suivent, traquent des patriotes, pourrissent la vie de certains de mes amis. En particulier celle de Cao Lap, mon frère d’hier et d’aujourd’hui, ici présent. Ces forces occultes n’ont rien à voir avec l’intérêt du Vietnam et nuisent à son image à l’étranger. Je les combattrai de toutes mes forces. Je compte sur la clairvoyance, l’intelligence des autorités concernées pour faire cesser ces comportements malsains indignes et dangereux.

Concernant le film présent je dois remercier très chaleureusement M. Nguyen Minh Triet, ancien président de la République qui m’a offert la nationalité vietnamienne. Je dois également remercier le ministère de la culture qui a eu l’initiative du film et toute l’équipe du service cinématographique national (Hang Phim Tai lieu khoa hoc trung uong ) qui l’a réalisé. Je ne méritais pas un tel privilège. C’est un film qui a un budget relativement important car il est en format 35mm (phim nhua) et non en video. Chaque mètre de pellicule coûte cher. Ce qui explique certains choix du réalisateur M. Dao Thanh Tung qui m’a imposé des mises en scène un peu «  cai luong » de star de cinéma que j’ai trouvées inconfortables. Je l’ai invité à venir pour parler ici de son scénario et de la technique mais il n’a pu se déplacer car il réalise un autre film à Ha Noi. Je tiens à la disposition de ceux qui le souhaitent son numéro de téléphone ainsi que celui du caméraman M. Phat.

D’une façon générale et dans le cadre imposé par le Vietnam et la situation actuelle je trouve que ce film reflète bien certains moments de mon histoire d’amour avec ce peuple et ce pays. En 36 minutes, Il fait bien la boucle entre le coup de foudre de mes 20 ans et l’amour ravivé de mes 70 ans. Il a bien fait la boucle entre le drapeau d’hier et celui d’aujourd’hui, toujours face à l’agression étrangère, au côté du peuple vietnamien qui est devenu mon propre peuple.

Bien sûr, le commentaire en Vietnamien n’est pas une idée à moi car je connais bien mes accidents d’accents. Mais Tung m’a dit sans que je puisse discuter : « Tu es Vietnamien donc tu dois parler vietnamien. » Exactement ce que m’avais dit il y a quelques mois le Président Nguyen Minh Triet. Donc pas d’autre choix que celui de vous imposer mes accidents d’accents.

Quel mélange si riche et compliqué de vietnamien français je suis ! Produit d’une culture républicaine et d’enseignant bâtie sur les principes révolutionnaires de « liberté, égalité, fraternité ». Produit d’une famille de paysans pauvres, mes parents m’ont élevé dans le respect de l’autre, dans le courage du travail et dans la fierté des gens modestes. Produit d’une région de France traditionnellement rebelle au pouvoir quel qu’il soit et qui chérit plus que tout son identité et son indépendance. Ville du grand patriote anti- fasciste Jean Moulin . Je suis aussi le produit d’un combat magnifique auprès de mes frères vietnamiens. Produit d’une culture du vin, de la bonne chère, de la fête…J’ai intégré à tout cela l’amour du Bun Bo ,du Hu tieu, du Banh xeo, du lau mam…et du ruou de !

A Georges Brassens le rebelle, le gaillard, j’ai mêlé Trinh Con Son le délicat, le mélancolique, le romantique… Si bien que quelquefois je « khong biet chon nao la chon que nha », je ne sais plus où est mon pays… Ce que je sais cependant, c’est que ma grande famille vietnamienne dépasse peut-être ma grande famille française, avec des liens très puissants, inaliénables. J’avais ici mon papa Khue, décédé il y quelques années. J’ai encore ma maman Minh qui a le même âge que ma mère véritable. J’ai une foule de frères et sœurs de combat dont certains ont gardé la flamme intacte. Je sais ce que certains esprits coquins pensent tout bas. Non, je n’ai pas d’enfant ici. Seulement les dizaines de ceux que mon association aide chaque année pour qu’ils puissent étudier. Les orphelins de Ly Son et Binh Chau…En un mot, je me sens ici bien chez moi. On n’existe, on ne vit que par les autres et les combats que l’on mène avec eux. Ce sont tous ces amis très chers, en France et au Vietnam qui ont fait de moi le drôle de vietnamien que je suis aujourd’hui. Vous, ici présents ce soir, en êtes les représentants et je vous dis et vous charge de leur dire toute ma reconnaissance et ma fierté de rester à vos côtés, à leur côté dans la très difficile période qui s’annonce pour le Vietnam. Soyez assurés et assurez-leur que je ne manquerai pas à mon devoir de Vietnamien. I did it my way and i will do it my way.

Pour revenir au film et en conclusion, le choix de la presque totalité des personnages du film est le mien et il a été accepté par le réalisateur.

J’ai voulu qu’on y voit le légendaire colonel Dang Van Viet, tigre gris de la route N°4 et pourtant tellement ignoré des media et de l’Histoire officielle. ’ai voulu que figurent mes amis ta ru, 55ème minorité ethnique du VN.

J’ai voulu que l’on voie les pêcheurs plongeurs de Binh Chau et de Ly Son qui défendent en silence et au prix de leur vie la mer et les îles du Vietnam. J’ai voulu que l’on ait une pensée envers ce combattant magnifique que j’ai connu à Chi Hoa et qui m’a offert de la part de ses camarades le nom vietnamien que je porte en ce moment, le professeur Nguyen Van Quoi, mort après son évasion, enterré vivant par les bombes des B52 à Cu Chi. Le réalisateur a respecté tous ces choix et la commission de censure les a acceptés. Je les en remercie.

Très chers amis vietnamiens, français, anglais, ici présents ce soir, je vous prie encore une fois d’excuser le désagrément d’un commentaire vietnamien de ma part un peu déficient. Je souhaite que le service national cinématographique puisse réaliser bientôt une version en français et en anglais. Pour ce soir, vous devrez avoir recours à un interprète. J’en suis désolé.

Encore une fois, je vous dis toute ma reconnaissance, mon affection et mon amitié. Merci.

André Menras

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