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Une leçon d’espoir autour de nos pêcheurs

nguyên tác tiếng Pháp (có bản dịch tiếng Việt đăng cùng ngày)




Une leçon d’espoir
autour de nos pêcheurs


André MENRAS (Hồ Cương Quyết)


En m’emportant de façon imprévue dans un périple militant pour le Vietnam dans plusieurs villes d’Europe, le film Hoang Sa Vietnam La Meurtrissure m’a révélé clairement plusieurs réalités actuelles que je ne mesurais pas. Certaines sont encore tristes. D’autres sont plus encourageantes car porteuses d’avenir.

Après avoir parcouru 6 villes françaises, je viens de terminer la deuxième partie du parcours qui traversait 5 nouvelles villes : Berlin, Cologne, Prague, Plzen et Varsovie. Un programme établi par mail, sur invitation spontanée, en réaction à l’interdiction du film à Saigon. En ma connaissance, les amis qui m’ont invité dans chaque lieu ne s’étaient jamais rencontrés auparavant et ne se sont toujours pas rencontrés jusqu’à aujourd’hui. Je n’en connaissais aucun. Tout a été organisé par des échanges de mail : affiche commune à Prague, textes en deux langues selon chaque pays, dates, hébergement, déplacement d’une ville à une autre, d’un pays à l’autre : tout a été organisé très collectivement et sans accroc. Chacun dans sa ville a assuré la publicité du film auprès de la communauté vietnamienne et des habitants locaux. Le tour terminé, il faut reconnaître qu’il a connu un succès certain.


Tout d’abord l’objectif premier étant de briser le mur honteux du silence, les organisateurs ont pu attirer l’attention et la participation active de centaines de personnes, en majorité des Viet Kieu mais aussi des locaux. Diverses pages internet se sont fait l’écho de l’évènement.


Le deuxième objectif c’est-à-dire la constitution d’un fonds d’aide aux pêcheurs victimes directes ou indirectes des agressions chinoises a également été atteint : 7000 euros ont été recueillis et seront remis directement.


Le troisième objectif était de commencer à cimenter un front de solidarité internationale actif, indépendant et le plus large possible pour protéger les pêcheurs et affirmer les droits souverains du Vietnam sur les archipels Hoang Sa, Truong Sa selon les dispositions de la Convention des nations unies de 1982 sur le droit à la mer.


J’ai beaucoup appris de ces huit jours de combat.


J’ai découvert d’importantes communautés vietnamiennes différentes les unes des autres, quelquefois opposées voire hostiles et figées par les blessures du passé si difficiles à cicatriser, quelquefois divisées concernant le présent par des opinions politiques différentes. Je dois dire que toutes, absolument toutes, se sont retrouvées unies dans ce combat pour aider, protéger leurs compatriotes pêcheurs, pour affirmer les droits souverains de leur patrie menacée. Partout la voix des pêcheurs et de leurs veuves a remué les cœurs et les consciences. Les larmes étaient souvent furtivement essuyées dans l’obscurité des salles de projection. Les débats consécutifs au film ont partout été très riches et totalement libres. Aucune agressivité n’a été exprimée verbalement à l’encontre des dirigeants chinois. Seulement une sincère volonté de comprendre, une profonde indignation et une ferme volonté de résistance. Un patriotisme sain, responsable. Des personnes ont parcouru jusqu’à 600 km aller-retour pour venir voir le film au côté de leurs compatriotes. Dans des régions où se trouvaient des compatriotes ouvriers émigrés, pour beaucoup pauvres, certains au chômage, comme à Plzen, les modestes billets sont sortis des poches sans hésiter. A Varsovie, avec l’ami Tuyen, directeur d’un immense Centre commercial, nous avons parcourus une urne en carton à la main en guise de tirelire et pendant près de cinq heures les petites boutiques et les dépôts de vêtements made in China, tenus par des petits commerçants vietnamiens. Sur les dizaines de compatriotes sollicités seulement trois n’ont pas contribué car leur patron était absent. Les trois autres commerçants qui se sont abstenus étaient… chinois.


Des communautés qui s’ignoraient jusqu’ici comme celles de Prague se sont réunies solidairement, se sont écoutées et ont engagé un dialogue ouvert et plein d’espoir. Cela s’était déjà produit en France, à Toulouse.


J’ai aussi été témoin en Tchéquie et en Pologne, de signes d’intelligence, d’esprit d’ouverture, de volonté d’écoute de la part de certaines autorités représentant le Vietnam. A Prague, un responsable est venu à la projection à titre personnel. Il a assisté à tout le débat et m’a sincèrement remercié. A Varsovie, j’ai appris de source sûre que la première réaction de l’Ambassade a été de téléphoner au patron vietnamien du Centre commercial où le film devait être projeté pour qu’il annule la projection. (J’ai l’expérience française de tels coups de téléphones dissuasifs dans mon dos. Ils ne sont pas signe, hélas, d’un grand courage ni d’un grand respect.) Mais devant le refus courageux du patron du Centre et l’invitation portée à l’ambassade de la part des organisateurs et de ma part, le climat s’est détendu. Bien que je me sois présenté de façon inattendue au siège de l’ambassade sans solliciter de rendez-vous, j’y ai été reçu par les proches de l’ambassadeur, alors en déplacement en province, avec beaucoup de considération et avec amitié. Un cadre de l’ambassade est même venu à titre personnel participer au repas amical et à la projection organisée par la Hoi Viet Kieu de Pologne. Ceux-ci ont contribué au Fonds solidaire à hauteur de 500 euros. Il faut bien mesurer cette attitude à la lumière de l’interdiction officielle que le film a subie à Saigon il y a à peine quelques mois. Chacun sait que les Hoi Viet Kieu dans quelque pays qu’elles soient, sont proches de l’ambassade et sous son influence directe. Ainsi, j’ai cru voir dans leur démarche coopérative et ouvertement patriotique des pas positifs vers plus de démocratie et de…courage. Autant de signe qui nous donnent espoir et énergie.


Pour conclure et à la lumière de cette riche expérience permettez-moi de dire que je n’ai jamais autant détesté les étiquettes qui cataloguent les gens. Elles sont faciles à poser car elles évitent de réfléchir, elles rassurent ceux qui les distribuent et leur donnent bonne conscience. Elles confortent d’immuables et poussiéreuses certitudes. Ou, tout simplement, elles permettent de conserver le siège auquel on est accroché. Mais la plupart s’envolent avec le vent s’étiolent avec le temps.


Il serait bien temps en particulier de bannir du vocabulaire des expressions poussiéreuses, jargonneuses si loin de la réalité au point d’en être ridicules, telles que l’expression « phan dong », jetée à la face de tout ce qui n’est pas soi. Pour moi, au sens littéral du mot, cette expression signifie « qui s’oppose au mouvement » ( au mouvement vers le progrès). Je demande à ceux qui l’utilisent si généreusement qu’ils s’interrogent : qui de ceux qui ont interdit le film ou de ceux qui par lui font parler nos pêcheurs agressés sont coupables d’une action opposée au mouvement de la vérité, de la liberté, de la justice, de la solidarité humaine, du progrès ? Notre monde bouge vers toutes ces valeurs et personne ne pourra l’empêcher de bouger. C’est le puissant message que j’ai reçu des communautés que j’ai rencontrées dans toute leur diversité. Encore une fois, j’ai trouvé avec émotion dans chaque Vietnamien, plus ou moins caché, plus ou moins vif, un fond commun de patriotisme. Ce patriotisme n’a pas de couleur et n’a pas de Parti. Il est profondément sain car il n’agresse personne. Il réagit seulement avec fierté pour défendre un peuple et un pays trop souvent martyrisés. Il est beau !


Un évènement récent qui vient de se produire au sujet du film pourrait porter de l’eau au moulin des mangeurs de « phan dong ». En effet, je dois repartir pour une nouvelle projection le 22 avril dans le 13ème arrondissement de Paris, à l’invitation d’un public vietnamien qui se dit « anti-communiste » mais qui désire dialoguer et aider les pêcheurs. Hier soir un des organisateurs m’a téléphoné pour m’informer des menaces qu’il avait reçues de la part d’anciens militaires de VNCH. Ils ont exigé que je coupe certains passages du film notamment celui qui parle du massacre de My Lai sous peine d’empêcher la projection par la force. Ils ont exigé que soit exhibé un drapeau de VNCH et ont déclaré qu’ils m’auraient abattu s’ils avaient été présents le jour où j’ai brandi celui du FNL à Saigon.


Je le dis tout net, ces petits groupes d’excités revanchards ne méritent pas l’attention que la propagande leur prête, souvent comme un prétexte pour freiner la démocratie. Ce ne sont que de vieux fantômes haineux, nostalgiques d’un passé sanglant qui gesticulent pitoyablement pour exorciser la nécessaire tolérance, la coopération, la solidarité. Leur violence, pour eux seule raison d’être, est partout rejetée. Ils sont condamnés au passé. Il faut aussi remarquer que leur intervention pour empêcher la projection du film va dans le même sens que celle subie en novembre à Saigon et que les deux font le jeu d’un seul bénéficiaire : l’agresseur chinois.


Non, le plus dangereux, le plus désolant ce ne sont pas ces groupes insignifiants qui font déjà partie du passé et qu’on peut appeler « phan dong ». Ce sont ceux qui, immobiles, attendent bien sagement le vent, souvent venu de Chine. Ceux qu’on pourrait appeler les « bat dong ». Ceux dont le sort des pêcheurs ne trouble pas le sommeil. Seule l’action pacifique mais résolue des « hoat dong » peut les réveiller en écartant le danger.


Remerciements à tous ceux qui eux n’attendent pas le vent mais qui lui impriment force, pour nous donner du souffle. Merci en particulier à Hoai, Tho, Cuong, Hong. A tous les amis et leurs familles qui, avec eux, ont contribué sans compter leur peine au succès du film dans tous ses objectifs.





André Menras Hồ Cương Quyết

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